13 octobre 2012
D’abord la foi chrétienne assume et garde toutes les réalités humaines. Elle les accueille, s’engage avec tous pour les faire progresser. Mais elle va encore plus loin, elle les offre et les magnifie jusqu’à l’infini.
12 octobre 2013
Ce ne sont pas les parents chrétiens qui « rendent » automatiquement leurs enfants bons citoyens, engagés dans la société et amis du Christ, membres actifs d’une communauté ecclésiale. Les parents laissent percevoir les valeurs qui les motivent, leur foi vive, leur joie d’être baptisés, leur fidélité, leur partage, leur engagement social, leur pardon, leur tendresse. Puis les enfants « choisissent et décident librement » de renaitre en Christ. La foi vient par les « oreilles », par le « regard ». Puis la volonté libre des « descendants » fait leur offrande parce qu’ils ont compris la grandeur, la hauteur de vue, la fécondité, le bonheur. Ce n’est pas le prestige des enfants aux yeux du monde qui fait le bonheur des parents, mais de voir leur rejetons libres et amoureux de Dieu.
11 octobre 2014
La fidélité est un bonheur car elle aiguise chaque jour le désir d’aimer davantage et qu’elle laisse se profiler quotidiennement une victoire pour laquelle on veut combattre. Au fil du temps qui dévore tout ce qui est humain, la fidélité concrétise et actualise les choix libres que l’on a pu faire par amour. La fidélité est une lutte ou une empoignade. On peut comme Jacob au gué du Yabboq en sortir boiteux. La fécondité qui enfante la fidélité se situe au sein d’une patience et d’un combat.
10 octobre 2015
Le bonheur et la joie de Marie ne proviennent pas d’avoir porté Jésus pour qu’il trouve en elle un terrain d’Incarnation, ni qu’elle l’ait allaité. Son allégresse trouve sa force dans le fait d’avoir répondu « oui » à la proposition de Dieu formulée devant elle par un authentique messager de Dieu. Ce qui est vrai de la jeune fille de Nazareth l’est aussi de chacun de nous. Il nous faut écouter et intérioriser la Parole que nous accueillons de ceux et de celles qui nous visitent de la part du Seigneur. La fécondité de Dieu grandit en nous par la persévérance.
8 octobre 2016
Ce n’est pas la naissance, ni même notre filiation dans une famille prestigieuse qui font notre grandeur et notre bonheur. C’est la Parole qui nous engendre à chaque instant et nous invite à vivre au grand vent du large, à construire patiemment notre liberté et la volonté de notre offrande, de notre solidarité, de notre Alliance. Dieu s’approche de nous, frappe à notre porte et, dans la discrétion de l’Amour patient, attend que nous lui disions d’entrer et de prendre place au sein de convivialité humaine.
14 octobre 2017
Une femme enceinte porte en elle un enfant pendant neuf mois, puis le nourrit de son lait pendant quelque temps. Tout cela exprime la grandeur merveilleuse de la relation d’une mère avec son enfant. Progressivement, le bébé grandit, devient enfant autonome, puis ado, puis adulte, et s’en va pour accomplir librement sa vie de personne humaine. Il n’en est pas tout à fait de même de la Parole de Dieu. Certes, elle s’enracine en nous, s’étoffe, et chacun la met au monde selon son tempérament, sa culture, sa liberté amoureuse, mais sans la quitter et en en prenant toujours soin et en nous en nourrissant. La Parole de Dieu ne se met au monde que si nous la gardons vivante en nous et la rendons désirable à notre entourage. Plus elle nous comble et suscite notre bonheur au cours de notre vie entière, plus elle est Lumière au cœur de nous-mêmes, tout au long de notre existence, plus elle rayonne.
13 octobre 2018
« Une femme s’exprime ». Dans la foule, une femme prend la parole. Elle s’adresse à Jésus. Elle proclame la joie que doit avoir une mère d’avoir mis au monde et nourrit un tel enfant. Jésus entend. Il répond : « Ma mère n’est pas bienheureuse parce qu’elle m’a porté et donné le sein, mais parce qu’elle a accueilli le message de Dieu, l’a fait sien à mesure qu’il se développait dans ses entrailles et qu’elle est restée fidèle à la Parole jusqu’au bout ». Par ailleurs, on sait qu’après ce dialogue, Marie a vécu la prophétie de Siméon et qu’elle se tenait debout au pied de la Croix. Le Christ rappelle l’essentiel. Ne nous trompons pas sur le fondement de notre joie !
12 octobre 2019
Jésus sait la joie de sa mère Marie de mettre un enfant au monde, mais il ajoute que la grandeur heureuse de sa mère provient de ce qu’elle a écouté la Parole de Dieu et l’a gardée. Ce que Jésus dit de sa mère s’adresse aussi à tous les baptisés chrétiens. Plongés dans le Verbe ressuscité, ils reçoivent en eux le germe de la Parole et, tout au long de leur vie, ils sont heureux de l’expliciter à leur entourage.
10 octobre 2020
Dans la foule, une voix s’élève : « Heureuse la mère qui t’a porté et nourri ! ». Jésus ne laisse pas passer une telle affirmation. Il la saisit et lui confère une résonance à hauteur de la foi. Heureux ceux qui écoutent la Parole et qui en font un bien durable qui s’enrichit au rythme de la conversion. Le cri recueilli par Jésus qui ne laisse rien se perdre devient une Parole.
9 octobre 2021
Une femme dans la foule, bouleversée d’entendre et de voir Jésus, crie : « Heureuse la mère qui t’a enfanté, porté en elle et nourri. Ta chair et la sienne étaient d’une intimité sans égale. Vos vies se joignaient ». Jésus répond aussitôt que cette intimité profonde avec lui est accessible à tous ceux et celles qui l’accueillent, le portent en eux pour le mettre au monde dans un lieu et une culture particulière.
Jésus Ressuscité, si nous l’accueillons, prend corps en nous : il se greffe en nous et ne diminue en rien notre personnalité. Je crois même qu’il l’épanouit. Il nous fait entièrement confiance. Son amour se développe en nous comme un fœtus en sa mère. Le mettre au monde n’est pas un accouchement, c’est une révélation, un partage dont nous avons l’initiative. Si nous le donnons, nous ne le perdons pas ; il habite en autrui comme il habite toujours en nous. Il prend racine dans l’aujourd’hui de la personne qui lui donne place en elle. Son amour nous invite à son propre mystère de l’Incarnation. Il augmente notre amour pour le monde en nous éveillant à ses sources divines.
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