Luc 4, 24-30

12 mars 2012

Il y a des circonstances, des moments, où il faut dire et agir si l’on veut être signe à la manière de Jésus. Poser devant tous un acte de libération et poursuivre « paisiblement » son chemin sans se soucier des oppositions est un sommet de grâce et de dignité humaine.

4 mars 2013

Le ciel s’est ouvert. Dieu a parlé. Le peuple qui se faisait baptiser par Jean a pu entendre la voix du Seigneur qui s’adressait à Jésus : « Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Au verset suivant, Luc enchaine sur la généalogie de celui que l’on considérait comme le fils de Joseph. On remonte le temps. On en arrive à Adam qui est nommé : «  Fils de Dieu ». On ne va à Dieu que par les médiations humaines. Il est pourtant toujours au-delà, sauf pour Christ : c’est sans doute le message de Luc.

24 mars 2014

Le Peuple qui ne reconnaît plus les prophètes qui vivent la même culture que lui est bien près de mourir d’inanition. Pour aimer et suivre un prophète, il faut le situer à partir de la foi. Son témoignage et sa parole ne s’imposent pas, il faut l’accueillir, découvrir son message et dépasser qu’il est à la fois comme tout le monde et pas comme tout le monde. Il ne s’impose pas. Ce qui le rend prophète, c’est l’Esprit qui le fait parler et l’Esprit qui le fait écouter. Si les proches du prophète se bouchent les oreilles et détournent leur cœur, ils n’entendent rien parce qu’ils veulent ne rien entendre et qu’ils ne désirent pas changer de vie.

9 mars 2015

Les mots et les gestes des prophètes débordent l’‘entre-soi’ du peuple de Dieu. Les propos de Jésus sont tellement vrais et profonds qu’ils bouleversent aussi bien les cœurs que les consciences et rendent furieux ceux et celles qui se bouchent les yeux et les oreilles pour ni voir ni entendre. La méchanceté prend racine et se renforce à l’intime des réfractaires de la conversion. Jésus le sait bien. Il ne se laisse pas abattre, il traverse les turbulences des pervers et va son chemin.

29 février 2016

Quand au fond de notre cœur nous portons une certaine hostilité vis-à-vis de quelqu’un que nous connaissons, il se pourrait que nos sentiments intérieurs ne soient pas très purs et que nous supportions mal ses propositions d’ouverture. Alors nous le banalisons et le rayons de notre carte de relation. Il est trop dérangeant pour nous. A ce prophète que nous ne désirons pas reconnaître, il ne lui reste qu’à nous quitter et à aller son chemin. C’est plus fréquent que nous le pensons. Nous ferions bien de nous examiner sur ce point !

5 mars 2018

« Prophètes pour tous ». Nul parmi les humains ne peut croire qu’il a un droit exclusif à la bonté de Dieu et au service de ses prophètes. Aucun pays, aucun peuple, ne peut penser qu’il a un privilège. Même le peuple de l’Alliance, même le peuple des baptisés, parce qu’ils n’existent que pour tous les autres hommes et femmes du monde, ne possèdent que pour eux seuls des messagers de Dieu. Celui ou celle qui est habité de l’Esprit Saint a, de la part de Dieu, une mission universelle. Il va où le Souffle le guide pour dire à tous qu’ils sont grands, libres et aimés de Dieu. Les prophètes ne réclament pas un traitement de faveur. Mêmes s’ils sont mal traités, ils parlent et appellent à la conversion.

16 mars 2020

Un chemin d’amour ne s’arrête pas à une mésentente, fût-elle majeure, comme celle qui oppose Jésus aux habitants de Nazareth, furieux de sa prédication. D’accord ils ne l’avaient pas reconnu comme un « bienfaiteur »de son village. D’accord, il l’avait enfermé dans sa situation d’enfant du pays et, maintenant ils voulaient le tuer parce qu’il leur avait rappelé qu’il s’inscrivait dans la filiation prophétique d’Élie. Mais lui passant au milieu d’eux « allait son chemin ». Il n’avait pas achevé sur terre sa mission « trinitaire ».

8 mars 2021

Après son baptême dans le Jourdain où le Ciel s’ouvrit, après quarante jours au désert, après avoir repoussé les tentations et bénéficié du service des Anges, Jésus passe à Nazareth où il a grandi et sans doute travaillé avec Joseph. C’est un jour de Sabbat ; il rejoint à la synagogue les habitants du village, fait la lecture de quelques versets d’Isaïe et les commente. Il dit simplement : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture », ce qui revient à annoncer qu’il est le Messie. Trouble puis fureur dans l’assemblée : « Pour qui notre ancien voisin se prend-t-il ? Il faut le précipiter du haut de la falaise et qu’il meurt le plus vite possible ». Mais Jésus, qui n’a pas encore commencé sa mission publique, leur échappe et va son chemin.